“Ils ont privilégié l’avoir sur l’être et tout s’est arrêté”

Chère amie, cher ami,

Aujourd’hui, je vous livre une interview. Celle de François Michalon qui est l’un des intervenants principaux lors de notre journée du 28 septembre prochain à Paris sur le thème Vitalité & Santé.

Il est consultant en ressources humaines. Son métier, c’est d’accompagner les femmes et les hommes dans leurs épreuves, leurs choix, leurs stratégies.

Le but de cette journée est, notamment, de vous présenter des personnalités qui ont une expertise, professionnelle ou personnelle, du stress. Leur expertise ou témoignage est saisissant à chaque fois.

François nous a beaucoup aidés dans la préparation de la journée. C’est un homme serein, tranquille et positif. Il connaît ses semblables. Il sait les apprécier. Il les aide souvent à s’apprécier eux-mêmes. Son travail, c’est de donner de l’énergie à ses clients.

Et nul doute qu’il vous en donnera si vous vous joignez à nous le 28 septembre prochain. Cette journée se déroule à Paris, au 2 avenue Stéphane Mallarmé, dans le 17e arrondissement, de 9h30 à 19h. Les inscriptions se font ici.

Voici l’interview de François Michalon. 

Bonne lecture,

Augustin de Livois 


IPSN : François, vous êtes consultant auprès de dirigeants et pionnier en accompagnement à la réussite. Travaillez-vous plutôt en entreprise ou avec des particuliers ?

Je fais les deux. Mais je préfère quand les personnes viennent me consulter directement. Car elles sont en demande. Alors qu’en entreprise, c’est quelque chose qui leur est imposé. Dans ce cas, les salariés sont beaucoup moins motivés. On leur propose une formation sur le stress alors qu’ils en ont déjà eu plein, qu’ils ont l’impression d’avoir tout essayé et que rien n’a changé.

Ce qui m’intéresse, c’est la qualité plutôt que la quantité dans l’accompagnement. Avec des personnes motivées, on obtient d’excellents résultats. Dans mes clients, j’ai des chefs d’entreprise, dirigeants, des artisans, des artistes et même des sportifs de haut niveau ! Les sportifs sont intéressants parce qu’ils voient tout de suite les résultats de ma méthode à travers l’amélioration de leur performance. Résultat, des sportifs de haut niveau (football, tennis, athlétisme, natation, escrime, pilote, etc.) gagnent des médailles aux JO, en Championnat Mondiaux et battent leurs records !!! 

IPSN : Votre dernier livre s’appelle “Burn out – Le vrai du faux ! ” (1). Pourquoi vous êtes-vous intéressé à ce sujet ?

C’est le sujet qui est venu à moi. J’ai écrit ce livre avec le Dr Alain Delabos et le Dr Ali Afdjei, médecin urgentiste, qui connaît parfaitement le sujet. Le titre est venu alors que nous étions dans une interview radio ensemble. Moi j’avais constaté que j’avais des sportifs en burn out. A l’époque, les gens souriaient. Ils pensaient que ce n’était pas possible. C’était des athlètes, des footballeurs, des nageurs. Aujourd’hui, c’est un sujet connu. Car les sportifs ont un rythme très soutenu. A cela s’ajoute une pression mentale, médiatique et financière permanente.

J’ai constaté que tout le monde n’est pas égal face au burn out, à l’épuisement ou même au stress. Certains y sont réceptifs. Chez d’autres, ça glisse sur eux comme l’eau sur la plume d’un canard. J’en suis arrivé à traiter le stress et l’épuisement parce que mes clients me l’ont demandé.

Alain Delabos a suivi ma méthode et a changé d’approche. Depuis, il est beaucoup moins stressé. Le but de ma méthode c’est de retrouver son épanouissement naturel afin d’être bien. C’est d’être équilibré et en harmonie avec soi-même. De là Alain Delabos nous a rejoint dans l’écriture de notre livre car bien s’alimenter contribue à réduire considérablement le stress, voir le burn-out !

Alain Delabos a suivi ma méthode et a changé d’approche. Depuis, il est beaucoup moins stressé. Le but de ma méthode c’est de retrouver son épanouissement naturel afin d’être bien. C’est d’être équilibré et en harmonie avec soi-même.

J’ai des sportifs qui m’ont demandé de les aider à retrouver de l’harmonie. Nous avons travaillé avec eux sur leur vie familiale et personnelle. Et cela a amélioré leur performance.

C’est pareil avec un salarié. Une personne, qui vient au bureau avec ses soucis personnels, ne va pas pouvoir être performante. Il faut prendre l’être humain dans sa globalité et non pas par morceaux. Aujourd’hui, énormément de personnes sont touchées par les phénomènes de charge mentale, d’épuisement, de fatigue, qui peuvent mener au burn out.

Notre société est incertaine. Les individus sont confrontés à de nombreux changements réguliers. L’être humain ne sait pas toujours comment s’adapter, d’autant qu’il n’aime pas le changement. Il a besoin d’être rassuré. La violence est partout. Les gens sont en état de stress et sous pression. Je le vois chez mes clients. Je le vois dans la rue. J’ai récemment travaillé avec des employés d’une agence de banque. Il faut former les employés à recevoir un public de plus en plus instable et violent. Il n’est pas une journée qui passe sans qu’il y ait un client qui ne casse tout dans une agence de banque en région parisienne ! C’est un monde de fous ! C’est le stress.

Il y a une recrudescence de fatigue, de frustration. Ce sont les problèmes de fins de mois. C’est la pression. Selon le revenu, les gens sont plus ou moins concernés. Mais je constate que tout le monde est touché, mais pas de la même manière. L’artisan doit trouver le client, doit se faire payer, etc. Le dirigeant porte de plus en plus de choses sur le dos. Les salariés craignent de perdre leur poste… Tout le monde est touché. C’est un monde instable.

IPSN : Quels sont les grands principes de la méthode que vous avez élaborée ?

Souvent je botte en touche face à cette question. Je dis “ est-ce que l’on demande à Monsieur Apple ses secrets de fabrication ?” Je me suis toujours intéressé à l’être humain. J’ai démarré dans les affaires. J’étais dans le commerce. Il faut s’intéresser aux autres pour traiter avec eux et comprendre ce qu’ils veulent.

Pendant plus de 20 ans, j’ai étudié les sciences ancestrales, cognitives et comportementales. J’ai rencontré de nombreuses personnes et de grands sages. J’ai vécu des choses personnelles auxquelles je ne m’attendais pas. J’ai associé cette expérience avec un esprit pragmatique que mon métier d’entrepreneur a forgé. Et j’ai créé ma méthode inédite née de tous ses multiples savoirs et pratiques !

Elle est composée d’une série d’exercices pratiques. Ils sont simples et surtout très efficaces. Souvent, je reçois mes clients dans des lieux naturels, comme jardins, parcs et le travail se fait en nous promenant avec des exercices personnalisés, bien particuliers. Alain Delabos dit de mon travail “avec François ce qui est formidable, c’est que l’on ne fait rien mais tout se fait”. 

L’un des nageurs que j’accompagne à l’heure actuelle m’a dit vivre intensément et visuellement mes exercices lorsqu’il se trouve dans le bassin. C’est d’autant plus incroyable, que je ne suis pas moi-même un bon nageur. Il était impressionné de voir ce qui se passait dans son corps, alors que je ne pratique pas d’hypnose ou d’autosuggestion. Car je ne suis ni médecin, ni psy, ni thérapeute.

C’est un travail de maïeutique, c’est à dire d’accouchement des idées, comme chez Socrate. Par ma méthode, j’aide mes clients à débloquer les choses en eux. Et c’est particulièrement utile dans les situations de stress, de pression, voire d’épuisement.

Ma chance c’est d’avoir des clients pragmatiques. Ils ne sont pas là pour écouter une belle histoire. Ils veulent un résultat concret, palpable. Il est facile à voir chez les sportifs, moins évident chez les dirigeants, qui néanmoins s’aperçoivent assez vite que la charge qui pèse sur leurs épaules, diminue. Or, un dirigeant ou un manager moins stressé, moins chargé mentalement, c’est bon pour toute l’entreprise, ou toute l’équipe.

En général, avec mes clients nous cherchons à obtenir une amélioration, à dépasser leurs objectifs, leurs limitations, leurs performances ! J’ai pour cela des programmes personnalisés en un, deux ou trois rendez-vous maximum. Certains je les accompagne sur une durée plus longue avec d’autres objectifs. Il est important de les aider à retrouver leur équilibre et leur harmonie afin qu’ils brillent comme un diamant ! 

IPSN : Le titre de votre livre “Burn out – Le vrai du faux ! ” (1), montre qu’il y a aujourd’hui un peu de confusion autour de ce terme. Vous parlez également de charge mentale, d’épuisement, d’autres parlent de dépression. Comment s’y retrouver ?

On distingue dépression et burn out. Ce n’est pas la même chose. Le burn out, on en ressort, même si cela implique souvent un petit temps d’arrêt dans ses activités. La dépression, c’est plus compliqué. C’est une blessure de l’intérieur. On peut en sortir aussi mais il faut un accompagnement thérapeutique complet.

Ceux qui font un burn out ont généralement privilégié l’avoir au lieu de l’être et tout s’est arrêté. Un être humain ce n’est pas une course en avant pour avoir toujours plus. Le burn out arrive souvent à des personnes compétentes, professionnelles, perfectionnistes. Elles ne veulent pas perdre la face en famille, au travail, etc.

J’ai un restaurateur brillant, par exemple, qui un jour s’est réveillé, et ne pouvait plus se lever. Il était coincé. Il a dû se reposer et changer sa manière de vivre.  A un moment donné, il faut aussi savoir prendre soin de soi pour retrouver ses racines, ses origines et prendre soin de qui l’on est.

Aujourd’hui, on est poussés à consommer. Mais ce n’est plus possible. On fabrique des vêtements en masse mais on ne les recycle pas. On est en surproduction partout et tout le monde court. Cette pression permanente créée un risque accru d’épuisement et de burn out.

Les réseaux sociaux, la course aux likes, aux amis virtuels, les smart phones, les médias contribuent aussi à épuiser et à charger mentalement les individus.

IPSN : Quels sont les signes avant-coureurs de l’épuisement ?

Le changement de caractère, l’irascibilité, les troubles du sommeil, perturbé par des idées négatives. C’est aussi le dérèglement émotionnel. C’est l’euphorie du travail, de l’action.
Car souvent une personne proche du burn out est en situation de déni.

L’alimentation est également un facteur important. C’est pourquoi la chrononutrition, telle qu’elle est pratiquée par le Dr Delabos, est intéressante. Elle sera également présentée lors de la journée du 28 septembre.

Je ne pense pas, par ailleurs, que le burn out soit une maladie professionnelle. Le travail peut contribuer à fissurer l’édifice humain mais il y a souvent d’autres causes. Il y a une disharmonie intérieure, un deuil, une rupture. C’est aussi un problème de relation à soi.

Cela dit, il est évident que le management peut avoir une incidence sur les personnes fragiles. Par exemple, si on expliquait dans les entreprises l’importance du merci, le principe de la reconnaissance, les choses iraient beaucoup mieux.

IPSN : Et dans les hôpitaux ?

Il faudrait demander au Dr Ali Afdjei le 28 septembre prochain car il est urgentiste. Il connaît bien le sujet. Ce qui est sûr c’est qu’il y a un problème de personnel. Il est anormal de réduire les budgets, d’organiser les urgences comme on le fait avec une entreprise.

C’est un service à la personne où la relation humaine prime avant tout. On ne peut pas appliquer à l’hôpital les mêmes méthodes qu’en entreprise. Ce qui n’empêche pas d’avoir une bonne gestion.

Le problème, cela dit, est plus général. Il est lié au fait que les financiers ont pris le monde des affaires en main. La rentabilité est la seule chose qui compte. L’humain disparaît et dans les hôpitaux c’est pareil. Les personnels soignants n’ont plus le temps d’écouter leurs patients.

C’est la médecine d’aujourd’hui, l’intelligence artificielle, on tire la langue devant l’ordinateur mais on perd le contact humain. Ali Afdjei vous expliquerait qu’en prenant le temps avec le patient, on le soigne beaucoup mieux. Cela paraît évident mais on en est loin dans certains hôpitaux. Et les soignants en souffrent.

Cette logique existe aussi dans l’agroalimentaire, la distribution, etc. C’est une manière de penser qui s’est installée. Il faut la faire évoluer.

L’une des solutions serait que chacun ait son lopin de terre et qu’il cultive son jardin ! Ce n’est pas forcément facile en ville, même si les choses changent, que l’on peut aujourd’hui mettre des choses en place : murs végétaux, balcons, etc.

Le problème dans le fond, aujourd’hui, c’est que l’on veut tout tout de suite. C’est ce qui crée la pression permanente et les phénomènes de fatigue et d’épuisement. 

IPSN : Le 28 septembre prochain, vous nous livrez une conférence sur le thème “Comment réussir sa vie ?”. Vous avez, par ailleurs, souvent l’occasion de travailler avec les Drs Alain Delabos, qui va nous parler d’alimentation, et Ali Afdjei, qui va parler de stress. Comment vos conférences s’agencent entre elles ?

Alain Delabos va nous expliquer ce qu’est la chrononutrition, comment on fait pour l’appliquer, quels avantages on peut en espérer, etc. Il va nous aider à prendre soin de notre corps. Mon travail est davantage d’aider à faire tomber les blocages qui existent dans la tête. Et pour changer son alimentation, c’est parfois très utile !

Ali Afdjei est urgentiste. Il connaît parfaitement cet univers. C’est par ailleurs quelqu’un de posé, de réfléchi, de cultivé et de bon conseil. L’écouter est toujours un immense plaisir !

IPSN : Et pour finir, quel conseil donneriez-vous contre le stress ?

Arrêtez de vous prendre au sérieux mais soyez professionnel. La vie n’est pas sérieuse, elle est ouverte, large, illimitée, vivante. Ne vous identifiez pas à un personnage, une croyance, une fonction. Ce serait enfermant. Dit autrement, cela pourrait être “Cultivez la joie”. Cela permet d’être plus léger. Et ainsi, on prend la vie moins au sérieux. Cela permet d’être reconnaissant.

IPSN : C’est important la gratitude ?

Oui. C’est important. Il y a le remerciement. C’est déjà une énergie. C’est déjà extraordinaire. La gratitude, c’est un niveau au-dessus. Cela rejoint la grâce. Il y a quelque chose de spirituel dans la gratitude. Quand je me promène dans un parc, le matin ou avec des clients, je suis toujours frappé par la beauté des lieux. Et j’ai envie de dire merci ! Dire merci à la nature, à la Vie, cela permet de se renforcer à l’intérieur.

Retrouvez François Michalon le 28 septembre prochain lors de la Journée Vitalité & Santé, 2 avenue Stéphane Mallarmé, Paris 17ème, de 9H30 à 19H.

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