La plante qui calmait la colère des pharaons…

Chère amie, cher ami,

Karnak.

“Là m’apparut toute la magnificence pharaonique, tout ce que les hommes ont imaginé et exécuté de plus grand. Tout ce que j’avais vu à Thèbes, tout ce que j’avais admiré avec enthousiasme sur la rive gauche, me parut misérable en comparaison des conceptions gigantesques dont j’étais entouré…” (1)

C’est signé Champollion.

Champollion vous le connaissez. Si, si j’en suis convaincu. Vos professeurs d’histoire vous en ont forcément parlé à l’école. C’est le plus célèbre des égyptologues français. Il disait aussi “je suis tout à l’Egypte, elle est tout pour moi” !

Il est le premier à avoir déchiffré la pierre de Rosette en 1822. Ce travail a ouvert la voie à la découverte fascinante de l’Egypte ancienne dont les merveilles ont stupéfait les européens du XIXe siècle jusqu’à nos jours.

L’Egypte ancienne est entrée dans l’imaginaire collectif européen. Elle est entrée au Louvre et au British Museum. L’un de ses obélisques orne la place de la Concorde. Elle nourrit l’imagination des écrivains et des scénaristes et réjouit les jeunes élèves qui la découvrent en même temps que le collège.

De tous les sites de l’Egypte ancienne, Karnak est le plus célèbre. Au temps des pharaons, il s’appelait déjà “la place très vénérée” et sa construction s’est étendue sur 2000 ans (1).

On y trouve un temple majestueux, d’incroyables lignes de Sphinx, des statues colossales, une cour extraordinaire, des colonnes de calcaire de plus de 20 mètres de haut, des portes aux pierres massives, des murs d’enceinte d’une hauteur haletante…

Le lieu semble avoir été construit par des géants.

Et partout, sur les murs, les colonnes ou les obélisques, sont sculptées d’étonnantes épopées : aventures et campagnes des guerriers d’antan…

Ces récits sont accompagnés de hiéroglyphes sculptés ou peints qui ont fait la joie des générations d’égyptologues depuis Champollion.

Et, caché au cœur du somptueux édifice, découvert par un égyptologue dont le nom ne nous est pas parvenu, se trouve un merveilleux secret de santé naturelle qui pourrait faire le bonheur de votre printemps !

Ce sont des dessins représentant des radis noirs.

Or ce radis est l’une des racines les plus classiques du potager et c’est aussi une plante médicinale.

Peut-être le connaissez-vous sous un autre nom ?

Car on l’appelle aussi le gros gris, le raifort cultivé ou le raifort des parisiens.

Si le radis noir était connu des Egyptiens, comme nous l’enseignent les hiéroglyphes de Karnak, ces derniers ne nous disent pas comment ils s’en servaient.

Nous ne savons pas non plus comment cette plante, a priori originaire de Chine, a fini par se retrouver à la table des pharaons qui l’auraient appréciée pour ses vertus nourrissantes et rafraîchissantes (2).

On sait, en revanche, que le radis noir a été introduit chez les grecs et chez les romains quelques siècles plus tard.

Et cette fois-ci, c’est certainement un coup de Karnak !

Une plante pour ceux qui se font de la bile

Alors pourquoi cette racine a-t-elle connu un tel succès au fil des siècles ?

D’abord, parce que le radis noir, qui est une plante annuelle ou bisannuelle selon les régions, pousse bien. C’est une plante tranquille, plutôt facile à faire pousser et généreuse.

Car pour un gros radis noir, vous avez bien l’équivalent d’une ou deux bottes de radis rouges et roses !

Est-ce pour sa “bonne nature” que le radis noir est si utile aux atrabilaires ou autres colériques ?

En tout cas, il est largement recommandé pour réguler la bile (3). Il en stimule la production et facilite l’évacuation.

Il est recommandé pour ceux qui ont des troubles du foie, voire de la digestion. Il aide à limiter les reflux œsophagiens, les troubles de l’estomac, les ballonnements et l’intestin irritable.

Bref, c’est un ami de ceux dont la colère s’est logée dans le système digestif. Mais attention, si vous avez un problème sérieux d’obstruction biliaire, mieux vaut éviter le radis noir et consulter votre médecin (3).

Et si vous souhaitez accompagner une cure de détox, n’hésitez pas à prendre une tisane aux quatre saveurs : radis noir, artichaut, fenouil et romarin.

C’est facile à trouver et simple à faire !

Mais ce n’est pas là sa seule qualité.

Un allié contre le rhume et les sinusites

Car le radis noir est aussi un allié de choix contre les rhumes, sinusites et autres toux. C’est un mucolytique et un expectorant.

Cela veut dire qu’il permet de fluidifier les mucus des bronches et des voies respiratoires tout en facilitant leur expulsion.

Pour cela, vous pouvez l’utiliser en jus, proposé en ampoules par votre herboriste préféré. Vous pourrez en prendre à jeun (3) le matin, et une heure avant votre repas du soir.

Il existe également en capsules et en teinture mère, voire en sirop.

Et vous pouvez, du reste, faire ce sirop vous-même, en 10 étapes :

  1. Prenez votre radis noir.
  2. Lavez-le.
  3. Coupez de fines lamelles.
  4. Pesez le tout.
  5. Prenez une quantité équivalente de miel.
  6. Dans un pot de confiture ou un bol alterner une couche de radis, une couche de miel.
  7. Remplissez le pot.
  8. Laissez reposer 15 heures.
  9. Recueillez le sirop dans un flacon.
  10. Gardez-le au réfrigérateur.

Attention, c’est un remède sucré ! Il ne faut pas en abuser trop longtemps ! Ce que vous gagneriez d’un côté en respiration, vous risqueriez de le perdre en ballonnements et en santé digestive !

Vous me direz que, pour cela, il existe d’excellentes infusions au radis noir. C’est vrai, mais dans ce contexte, vous risquez de vous lasser un peu vite de cet excellent remède !

Enfin, car ce n’est pas fini, notre excellent radis noir est un antioxydant efficace. Il aurait un rôle préventif contre les maladies cardiovasculaires et du côlon (3).

Une plante conviviale !

Il y a bien des manières de consommer le radis noir. Cela peut être sous la forme d’un remède comme on l’a vu, mais aussi d’aliment.

Et il existe de nombreuses manières de le cuisiner, bien souvent de manière conviviale.

Pour l’apéro, les variantes sont multiples (4). Celle que je préfère, c’est les bouchées de radis noir au saumon et sésame. Coupez de fines lamelles de radis noir après avoir lavé le radis, mais sans l’éplucher. Placez un cube de saumon bio fumé dans le radis. Piquez avec un cure-dent votre lamelle blanche et le saumon, saupoudrez de graines de sésame et portez le tout à votre bouche. C’est un régal. Mais n’oubliez pas d’en laisser aux autres !

Ma conclusion est sans appel : c’est mieux que les cacahuètes ou les pistaches !

En poêlée (5). C’est une pratique moins connue mais tout aussi appétissante. Mettez un peu de beurre bio dans une poêle, ajoutez des lamelles de radis noir pas trop fines pour éviter qu’elles ne brûlent. Ajoutez du sel et du poivre. Savourez.

En salade rafraichissante (5). Là c’est le moment de laisser un peu libre cours à votre imagination. Plutôt que de prendre la traditionnelle salade de riz, ou, pire, de pâtes pour vos pique-niques familiaux, pourquoi ne pas tenter une salade méditerranéenne avec les ingrédients suivants : radis noir coupé en cubes ou en “frites”, carottes, également en “frites”, salade de chou, un peu de coriandre et des cubes de fromage de chèvre.

Alors qu’en dites-vous ?

Mon seul regret est de ne pas pouvoir partager ce repas avec vous.

Naturellement vôtre,

Augustin de Livois


Références :

  1. http://www.passion-egyptienne.fr/Karnak%201.htm
  2. https://www.jardiner-malin.fr/sante/radis-noir-bienfaits.html
  3. Michel Pierre, les plantes du bien-être, édition du Chêne, 2014
  4. http://chefsimon.com/recettes/tag/radis%20noir/ap%C3%A9ritif
  5. https://www.fromthegrapevine.com/israeli-kitchen/there-are-many-ways-slice-and-enjoy-black-radish

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