Sauver Maya (et ses amis) !

Chère amie, cher ami,

Connaissez-vous Maya l’abeille ?

C’est l’héroïne d’une série télévisée japonaise des années 70. La série a fait le tour du monde et enchanté des générations d’enfants.

Aujourd’hui Maya est en danger.

Je ne parle pas de la série, qui se porte comme un charme, mais des abeilles qui risquent, au rythme où vont les choses, de n’exister plus que dans notre imagination.

Et elles ne sont pas les seules à disparaître trop vite. C’est le cas de la plupart des insectes. Les défenseurs des animaux, ont pendant longtemps défendu les géants de la terre : ours polaires, pandas, éléphants, rorquals bleus, requins blancs, bisons, girafes et autres rhinocéros ou hippopotames.

Et c’est vrai que tous ces animaux sont, plus ou moins, en voie d’extinction même si d’énormes efforts ont été consentis pour leur permettre de survivre dans des réserves naturelles. Saluons donc au passage le travail des chercheurs, des administrations et des populations qui se sont donné la peine de préserver la diversité de la faune sur notre jolie planète.

Cette capacité à préserver différentes espèces est pour moi un véritable signe de civilisation. Elle manifeste un sens du beau et de la liberté, une capacité à s’organiser en groupe et à dépasser ses propres intérêts.

Préserver la faune n’est jamais facile, surtout lorsqu’il s’agit de grands prédateurs ou de grands herbivores, qui naturellement détruisent les récoltes et peuvent, le cas échéant, s’en prendre aux habitants.

Aujourd’hui, le domaine de la préservation s’est étendu.

Et de quelle manière !

Puisque nous ne cherchons plus seulement à conserver en vie les mastodontes mais également les insectes. Bientôt, nous nous battrons pour sauver les bactéries !

Les deux vont ensemble du reste.

Car si les insectes meurent, c’est essentiellement en raison des produits phytosanitaires et de l’agriculture intensive.

Une étude récente (1) souligne que 2,5% des insectes disparaissent (en volume) chaque année, ce qui est considérable. Ce document fait la synthèse de 73 études dans différents pays du monde sur les insectes. Sont concernés l’Europe, la Chine, l’Australie, le Brésil, etc.

Les scientifiques estiment que 40% des espèces d’insectes seront en voie d’extinction dans les années qui viennent.

Parmi les espèces concernées, on trouve des :

  • lépidoptères (2), c’est-à-dire les insectes qui se métamorphosent complètement. Ce sont les papillons, qui font leur chrysalide en passant de chenille à papillon.
  • hyménoptères (3) qui réunissent plus de 100 000 espèces. C’est la famille de Maya, mais aussi des bourdons, des guêpes et des fourmis.
  • plécoptères (4) ou perles et les éphémères, qui sont des insectes aquatiques ;
  • libellules ;
  • coccinelles, etc.

Leur disparition est si rapide, que les scientifiques de l’étude craignent qu’ils n’aient totalement disparu dans 100 ans !

Cela ne m’amuse pas de jouer les Cassandre et de relayer ce type d’information inquiétante.

Mais, quand il y a un problème, il faut le souligner.

Sans compter que l’on sait pourquoi les insectes disparaissent et on sait également comment les préserver.

Ce n’est pas compliqué.

Et vous pouvez jouer un rôle actif dans cette préservation, plus que pour les ours blancs, le gorille ou le panda.

Selon les chercheurs, les deux grands responsables de cette situation sont l’agriculture industrielle et l’urbanisation (dont je ne vais pas parler ici).

L’agriculture industrielle :

  • fragilise l’habitat des insectes et des petits animaux ;
  • pollue les sols avec les pesticides, glyphosate en tête pas mais pas uniquement, et les engrais (ou intrants) ;
  • draine les marais et les pièces d’eau, ce qui a été bénéfique pour éviter les maladies liées aux moustiques par exemple. Mais cela fait aussi chuter le nombre d’insectes.
  • détourne les rivières ;
  • déforeste et fragilise les mangroves dans les pays concernés ;
  • appauvrit les sols.

Cette liste correspond à des pratiques qui ont cours partout dans le monde. La France n’est pas le pays le pire. Les pratiques aux Etats-Unis, au Canada, en Australie, au Brésil ou en Argentine par exemple sont bien plus catastrophiques.

Mais la disparition des insectes touche l’ensemble du monde.

Et le modèle agricole actuel est global. Il doit évoluer.

Par exemple, le principe même de la monoculture est un problème pour la biodiversité et les insectes.

Le modèle agricole qui a prévalu en Europe pendant des siècles a été celui de petites parcelles entourées de haies et de bois dans lesquelles se pratiquaient l’élevage et la culture.

En France, le remembrement, lancé dès l’après 2e Guerre mondiale, a fait disparaître 750 000 km de haies (5).

La monoculture de grandes céréales comme le maïs et le blé s’est imposée un peu partout. Sauf que, lorsque les scientifiques étudient les sols et font des relevés d’insectes, ils constatent que sur les sols où se pratique la monoculture, les insectes sont beaucoup moins nombreux (1 et 5).

Dans le reportage “les soigneurs de la terre” (5), l’ingénieur agronome et expert des sols qu’il analyse depuis 40 ans, met en cause également le labour. Les sillons sont trop profonds et la terre retournée en profondeur perd de sa richesse. Les insectes meurent, l’érosion agit et des terres riches se transforment, au fil des années, en désert.

Dans ce massacre, la part des pesticides est considérable. L’agriculture industrielle, c’est 12% (1) de la surface de la terre. C’est une vaste étendue.

Je ne reviendrai pas sur le débat des abeilles. Mais il est désormais acté que les pesticides contenant des néonicotinoïdes représentent une menace pour les abeilles. Leurs effets ont été répertoriés dans une étude de la très sérieuse revue Nature en 2015 (6). Cela a conduit à un moratoire sur l’usage de ces pesticides en Europe. Tant mieux. Mais ce n’est toujours pas le cas dans les autres pays du monde…

Quant au glyphosate, dont l’usage pourrait être interdit en Europe, ses effets négatifs sont désormais admis par la justice (7,8). L’usage de ce pesticide aurait à lui seul fait chuter la population des papillons Monarques depuis 1996 (9).

Cela ne paraît pas évident lorsque l’on se fait piquer par un moustique ou une guêpe, mais nous avons besoin des insectes. Ils sont arrivés il y a 400 millions d’années (1) et c’est eux qui ont structuré les écosystèmes dans lequel nous vivons. La chute totale des pollinisateurs ferait disparaître de nombreuses cultures à fleurs. On ne pourrait plus manger de pommes, d’oignons, d’avocats, de courgettes, de concombres, de brocoli, etc.

Ils font la richesse des sols, dont ils organisent la vie. La perte des insectes signerait sans doute notre propre perte.

Nous n’en sommes pas là. Heureusement ! Mais cette perspective, si funeste qu’elle puisse paraître, doit surtout nous confirmer dans nos bons réflexes.

Manger bio, local et de saison est bon pour vous et bon pour les insectes. Non seulement les légumes bio vous maintiennent en bonne santé et vous permettent de vivre plus longtemps, mais ils permettent également à notre bonne vieille planète de continuer à nous offrir le logis à des conditions acceptables.

Préserver les insectes, c’est donc aussi un pari sur l’avenir !

Naturellement vôtre,

 

Augustin de Livois

 


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Sources :

  1. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320718313636
  2. https://quelestcetanimal-lagalerie.com/lepidopteres/
  3. http://www.bourgogne-nature.fr/fichiers/bn-9-10-018-026_1405083078.pdf
  4. http://www.bourgogne-nature.fr/fichiers/bn-9-10-018-026_1405083078.pdf
  5. Reportage les soigneurs de la terre France : https://www.youtube.com/watch?v=hrl56_vJMqI
  6. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25901681
  7. https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/11/21/condamne-pour-avoir-cache-la-dangerosite-du-roundup-monsanto-fait-appel_5386256_3222.html
  8. http://www.leparisien.fr/societe/roundup-pro-360-non-autorise-un-jugement-majeur-pour-corinne-lepage-15-01-2019-7989261.php

 


Une réponse à “Sauver Maya (et ses amis) !”

  1. Amalric dit :

    Bonjour,
    Je vous remercie de votre intérêt pour l’abeille et pour la santé de l’homme, apiculteur et paysan je me permets de vous signaler un rapport récemment éditer concernant les conséquences importantes de l’ensemble des pesticides liés directement aux élevages ( antiparasitaires…).
    Ces insecticides notamment les ivermectines sont des neurotoxiques extrêmement rémanents qui participent très largement à la disparition des insectes, oiseaux et poissons dans des zones agricoles d’élevages qui semblent pour tous exemptent de ce genre de pollution.
    Il est évident que la responsabilité principale de l’utilisation de ces produits vétérinaires incombent directement aux vétérinaires qui prescrivent ces produits et les vendent!
    Je vous laisse analyser les conséquences directes de telles molécules sur la santé de nos semblables en sachant la diffusion importante de ces pesticides dans la nature et leur présence dans la viande.
    Pour info en voici le lien:
    https://www.unaf-apiculture.info/IMG/pdf/rapport_pesticideselevageabeilles_vf_final_112018.pdf

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